RE: Concordance des temps

Répondu

Bonjour,

On doit utiliser quel temps j’ai un doute.

Est-ce que je peux dire ce phrase ?

– Quand je me suis souvenu de notre rendez-vous, je n’ai pas trouvé mon téléphone parce que m’a mère l’a pris.

Dans cette phrase je dois utiliser le passé composé « ma mère l’a pris » ou je dois utiliser le plus-que-parfait « ma mère l’avait pris » ?

Merci d’avance pour vos explications.

arvin Amateur éclairé Demandé le 24 mars 2023 dans Conjugaison
3 Réponses
Meilleure réponse

Quand je me suis souvenu de notre rendez-vous, je n’ai pas trouvé mon téléphone parce que ma* mère l’avait pris.
Deux points à bien comprendre :
– le français moderne remplace volontiers, et toujours, à l’oral, le passé simple (je me souvins… je ne trouvai pas) par le passé composé
– pour marquer l’antériorité, on utilise toujours un temps composé. Notamment  : quand la  phrase est au présent, le passé composé, quand la phrase est au passé, le plus que parfait
Dans cette phrase au passé, le fait énoncé dans la dernière proposition (en gras) est antérieur aux faits des autres propositions. Il faut pour le verbe « prendre » le plus que parfait.

Remarque : ce qui vous déroute, je pense est précisément que le passé composé a plusieurs valeurs :  valeur (à peu près) de passé simple pour les premiers verbes et valeur d’antériorité.
Si vous les remplacez par le temps simple :
Phrase au système passé : Quand je souvins de notre rendez-vous, je ne trouvai pas mon téléphone parce que ma mère l’avait pris. (PQP)
La phrase au système du présent serait : je me souviens de notre rendez-vous, je ne trouve mon téléphone parce que ma mère l’a pris. (PC)

*ma mère / ta mère / leur mère >> « ma » est déterminant (adjectif possessif)

Tara Grand maître Répondu le 24 mars 2023

Merci ☺️ la réponse est très claire !

le 24 mars 2023.

Merci de votre retour Arvin.

le 24 mars 2023.

Il n’y a aucune obligation de concordance dans une subordonnée introduite par parce que.

Si l’on veut souligner l’antériorité absolue, le plus-que-parfait est effectivement le temps le mieux adapté en français standard, mais d’autres temps sont tout à fait corrects selon le registre de langage employé, selon l’intention que l’on veut marquer, selon le point d’ancrage temporel du discours.
On peut ainsi dire ( je change de verbe, car prendre possède un sens trop vague) :

Je n’ai pas trouvé mon téléphone parce que ma mère l’aura probablement emprunté.

Je n’ai pas trouvé mon téléphone parce que ma mère pourrait l’avoir détruit.

Je n’ai pas trouvé mon téléphone parce que ma mère le cache souvent.

Je n’ai pas trouvé mon téléphone parce que ma mère le détient /détenait.

Je n’ai pas trouvé mon téléphone parce que ma mère me l’a confisqué  /  l’avait confisqué.

Considérons que le point d’ancrage des propos de l’exemple est le présent. La personne parle d’un évènement passé (je me suis souvenu, je n’ai pas trouvé) ; l’antériorité de la subordonnée peut être exprimée par rapport au moment du discours (me l’a pris) ou par rapport au moment  de la recherche infructueuse (me l’avait pris).

le 24 mars 2023.

Il n’y a aucune obligation à « considérer  » : les faits sont les faits.

Le point d’ancrage temporel du discours  est parfaitement défini : « Quand je me suis souvenu de notre rendez-vous ». L’occulter permet effectivement beaucoup de liberté.

Écrire « je change de verbe, car prendre possède un sens trop vague » relève de la mauvaise foi. Prendre a ici son acception pleine.

Quant à utiliser le conditionnel, cela me semble peu respectueux de la phrase initiale qui ne laisse aucune place à aucun doute.

Sorti de ceci tous vos exemples sont parfaitement corrects, mais aucun n’a de rapport avec la question posée qui est parfaitement claire et définie temporellement.

La seule réponse possible (Si, si cela arrive !)  est qu’il faut pour cette phrase-ci, telle qu’écrite, conjuguer le verbe prendre au plus-que-parfait.

le 24 mars 2023.

D’accord s’il s’agit d’un récit dont la narration se tient au passé.

Pas d’accord s’il s’agit d’un dialogue, ce sur quoi m’avait orienté le tiret initial (peut-être à tort), auquel cas l’ancrage du propos est ramené au présent. Que l’on  choisisse le verbe emprunter, confisquer, ou prendre dans ce contexte, il peut aussi bien désigner l’acte initial que l’état qui s’ensuit  : un objet a été pris ou emprunté (l’objet a été physiquement saisi) / un objet est pris ou emprunté (l’emprunt est toujours en cours).

Donc, oui, dans un dialogue, on peut écrire :
– Quand je me suis souvenu de notre rendez-vous, je n’ai pas trouvé mon téléphone parce que ma mère l’a pris.
… et vraisemblablement cette mère détient toujours le téléphone au moment où le dialogue se tient.

 

le 24 mars 2023.
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