RE: Je ne me vois pas allant à ou aller à ?
Bonjour
Voici une question à laquelle je n’arrive pas à avoir de réponse, car quelle que soit la façon dont je la pose, cela m’amène à des sites où l’on s’interroge sur « se voir + infinitif ou participe passé » (des gens s’interrogent sur par exemple « se voir confier ou confié ». Or ma question concerne « se voir + infinitif ou participe présent ».
Ainsi, je voudrais savoir s’il y a possibilité d’utiliser l’une et l’autre de ces constructions, chacune ayant une nuance par rapport à l’autre :
« je ne me vois pas allant me baigner par un temps pareil »
« je ne me vois pas aller me baigner par un temps pareil ».
ou bien si l’une est incorrecte.
Pour moi il y a une nuance entre les deux : la première formulation, avec participe présent, met l’accent sur l’action comme si elle était en cours : je ne me vois pas allant maintenant me mettre à l’eau, par un temps pareil, et la formulation avec infinitif met l’accent sur le projet (je ne me vois pas décidant d’aller me baigner par un temps pareil), plutôt que sur l’action.
Ma question serait la même avec un autre verbe à la place de se voir (par exemple s’imaginer).
Quel est votre avis ?
Une fois de plus, je remercie les personnes qui voudront bien argumenter.
Bien cordialement
Emsi
Un immense merci , Joëlle et Tara (qui m’avez déjà dépannée à quelques reprises).
Et bien sûr ce merci n’ôte rien à celui que j’ai dit à PhL.
Voyez-vous je suis un peu comme le musicien qui n’a jamais appris le solfège mais est très à l’aise avec son instrument : il joue d’oreille, moi je « parle d’oreille ». J’ai une bonne perception de la langue, j’en sens les nuances (je suis même un peu chipoteuse de ce point de vue lorsqu’il s’agit de contrôler un texte) mais mon allergie à la grammaire, non pas telle qu’on l’apprenait autrefois avec des mots simples et des exemples que j’ai toujours retenus, mais telle qu’elle est devenue, hyper conceptuelle dans ses termes, et saucissonnée à l’extrême, fait que lorsque je suis dans le doute et souhaite vérifier telle ou telle façon de dire, je ne comprends pas les explications qu’on me donne.
Dans votre réponse, Tara, j’ai eu un peu peur quand sont apparus des mots tels que « syntaxes nominaux directs et prépositionnels ». 🙂 mais ouf, c’était une fausse alerte : vous avez su me rester globalement accessible, et je suis heureuse d’une conclusion qui me conforte dans l’impression que j’avais, pour cette construction se voir + verbe, du droit du participe présent à exister, le cher mignon.
Joëlle, je n’avais pas songé au mode de distinction que vous faites entre l’usage de l’infinitif lié à une projection (« envisager ») et du participe présent lié à un souvenir. C’est intéressant, car en effet, si je dis « je ne me vois pas allant me baigner », je suis dans mes souvenirs, je cherche à me rappeler et vraiment non, je ne me vois pas faisant – en train de faire – cette chose. En revanche si je dis « je ne me vois pas aller me baigner », je suis dans une projection. Cela dit, ce n’est sans doute pas toujours aussi simple, et donc le contexte aidera l’auteur à faire un choix, et l lecteur à comprendre ce choix ! Je vais maintenant aller consulter votre lien.
L’important pour moi était de savoir si les deux formes existaient, donc un grand grand grand merci encore pour vos avis !
J’ai déjà dit dans un autre fil que je n’aime pas le principe de la note, j’estime que le mérite, égal pour tous, consiste à prendre la peine de répondre de façon constructive. J’aimerais mieux un petit symbole de satisfaction, qu’on pourrait mettre à plusieurs personnes.
En revanche, certains, dans leur réponse – ce n’est pas du tout le cas ici – vous « font la morale » ou (pire) sont assez « jugeants » (tiens au fait, ce mot n’existe pas. J’en ferai le sujet d’un autre fil de discussion !!! 🙂 🙂 à eux, je mettrais bien un petit symbole de déception !!!
Merci beaucoup, et bon dimanche.
PS : quelques soucis avec la touche « E » de mon clavier. J’ai relu, mais comme toujours, le cerveau sait ce qu’l doit lire, et le lit, même s’il manque une lettre. Si donc il manque quelques E, excusez-moi !
Il ne faut pas oublier que nous sommes locuteurs de la langue française. C’est notre langue et souvent, on sent, on sait avant de pouvoir expliquer.
Merci pour votre retour très circonstancié et surtout très bienveillant.
