RE: « il » peut-il être facultatif dans l’expression « il ne reste que »
« Le pouvoir s’articulerait en deux corps : une puissance décisionnelle sans pareille pour X et dans les mains de Y, ne resterait que l’aura de l’autorité. »
Peut-on se passer ici de « il » ou est-il obligatoire ? Je ne trouve rien sur le sujet, et j’ai l’impression que la phrase est plus fluide sans ce pronom personnel qui a je pense une valeur neutre ici.
Merci d’avance pour vos réponses.
Le pouvoir s’articulerait en deux corps : une puissance décisionnelle sans pareille pour X et dans les mains de Y, et ne resterait que l’aura de l’autorité.
Ainsi, nous avons simplement une inversion du sujet.
En face de la tournure impersonnelle, l’inversion est une simple variante combinatoire,
A noter qu’on ne peut pas toujours employer indifféremment la forme personnelle ou la forme impersonnelle avec les verbes qui peuvent être soit personnels soit impersonnels comme rester, exister, venir… par exemple.
il est venu du monde : oui. Du monde est venu est plus improbable.
La faible quantité d’information contenue dans « du monde » rend plus difficile l’inclusion de monde dans un syntagme sujet.
Lorsque la quantité d’information attribuée à un syntagme nominal est inférieure à un certain seuil, la réalisation impersonnelle devient possible, probable, imposée.
Dans le cas de la phrase que vous proposez, il semble que la forme impersonnelle est possible mais moins probable (et donc moins fluide, ce que vous sentez) que l’inversion du sujet: Le pouvoir s’articulerait en deux corps : une puissance décisionnelle sans pareille pour X et dans les mains de Y, et il ne resterait que l’aura de l’autorité.
1/
Le et que vous ajoutez n’est pas forcément justifié, il rend la phrase encore plus incompréhensible (quels sens lui donnez-vous ?). Je pense qu’il faut décaler la virgule après le X :
Avec cette réforme constitutionnelle, le pouvoir s’articulerait en deux corps :
– une puissance décisionnelle sans pareille pour X,
– et dans les mains de Y ne resterait (ou il ne resterait) que l’aura de l’autorité.
C’est même l’absence de virgule et l’absence de « et » qui semblent permettre cette construction.
2/
Admettons que dans « ne resterait que l’aura de l’autorité » nous ayons simplement une inversion du sujet, comme vous dites. Quelle serait donc la proposition sans inversion ? Serait-ce « que l’aura de l’autorité ne resterait » ? Évidemment non. Donc ce n’est pas une simple inversion du sujet. C’est une construction spécifique à certaines phrases négatives, qui a des traits communs avec la forme impersonnelle (il ne reste que deux chaises = ne restent que deux chaises = seules deux chaises restent).
3/
Pourquoi « du monde est venu » est-il improbable ? C’est très courant. Pouvez-vous expliquer ?
Pourquoi « il ne reste que l’aura » est-il moins probable que « ne reste que l’aura » ? Pouvez-vous expliquer ?
