RE: Définition de « passif »

Bonjour,

Je suis dans l’incompréhension la plus totale quant au mot « ‘passif ». Je le croise sans arrêt, dans tout ce que je lis. Cependant, il ne correspond jamais aux définitions données par les dictionnaires. Dans l’usage, il semble signifier « expérience passée péjorative ». Par exemple, deux personnages qui ont un passif ensemble seront deux personnages qui ont été en conflit par le passé. Un personnage qui a un passif avec la drogue sera un personnage qui a subi un événement déplaisant en relation avec la drogue. C’est sans cesse comme ça, et aucune définition ne semble exister pour corroborer cette interprétation. Même pas dans les dictionnaires d’usage qui répertorient des mots plus ou moins acceptés. Le Larousse dit que, en plus des « dettes » (définition donnée par la plupart des dictionnaires), ça peut désigner les échecs d’un groupe (« Le lourd passif du gouvernement » est l’exemple fourni). Peut-on l’employer ainsi dans n’importe quel contexte, même pour un personnage solitaire ou pour seulement deux personnes en conflit ou est-ce que ça doit forcément être plusieurs personnes, une organisation ?
Existe-t-il une source pour confirmer cette définition ? Est-ce un emploi fautif ? D’où est-ce que ça vient ? Si vous le croisez, en tant que correcteur, dans ce genre de contexte, est-ce que vous le corrigez ou est-ce que vous le laissez ?

Merci d’avance pour vos réponses, j’ai tendance à être stricte sur la sémantique alors que la littérature ne l’est pas vraiment, et les dictionnaires n’offrent que des réponses limitées.

Totoro Érudit Demandé le 24 novembre 2022 dans Général
2 Réponses

La plupart des exemples que vous citez sont des extensions de sens que l’on peut qualifier d’abusives, encore une fois à cause de la langue très approximative des médias.
Ces acceptions renvoient toutes au « passif » d’un bilan comptable (le bilan est une balance), le pendant inévitable d’un « actif » (que l’on a). Il n’y a donc rien de péjoratif en soi tant que l’équilibre des deux est maitrisé, sinon ce sont des pertes et non un bénéfice.
Dans une rédaction littéraire et mûrie, on fera bien de s’abstenir de ces usages douteux, le français disposant de suffisamment de termes ou expressions précises…
PS On remarquera que (comme pour bilan) les médias (politiciens et consorts) finissent par vider nombre de mots de leur substance en les pressurant d’emplois inadéquats.  Comme ils sont influents sur un plan linguistique, ils créent un brouillard sémantique qui débouche sur la confusion.

Chambaron Grand maître Répondu le 24 novembre 2022
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