RE: rupture syntaxique ?
J’ai un doute concernant cette phrase :
« Subitement, comme si elle était devenue brûlante, Tony a lâché son épée et a posé un genou à terre. »
Je crois que je m’attends inconsciemment à trouver un féminin après le « comme si elle était brûlante ».
Est-ce que cette phrase est fautive, ou juste un peu maladroite ?
Si l’on remet le CC de comparaison à sa place, je trouve que l’ambiguïté disparaît :
« Subitement, Tony a lâché son épée, comme si elle était devenue brûlante, et a posé un genou à terre. »
Qu’en pensez-vous ?
merci de vos éclairages
Je persiste à dire que les phrases 1 et 3 comportent, par définition, une anacoluthe.
Comment pouvez-vous dire le contraire, puisque le simple rapprochement de la définition de Grevisse et de Gosse (Le Bon sage actuel, § 226 ) et des phrases en question montre qu’il y a bel et bien deux anacoluthe en l’espèce ?
Rappel des deux phrases :
1 Subitement, comme si elle était devenue brûlante, Tony a lâché son épée et a posé un genou à terre.
3 Comme si elle était devenue brûlante, subitement, Tony a lâché son épée et a posé un genou à terre.
Vous ne voyez pas que l’on passe du sujet « elle » (= l’épée) au sujet « Tony » ?
Ensuite que ces phrases soient « correctes », « maladroites » ou « à éviter » est une autre question.
Pour ma part, je conseille d’éviter ce type de construction, au moins dans la langue « surveillée » (dans les deux sens du mot) ou soignée.
Pourquoi prendre le risque d’être désapprouvé (par des grammairiens ou non-grammairiens) alors que vous pouvez n’en prendre aucun en rédigeant autrement ?
Rem. : il est des anacoluthes célèbres qu’on ne perçoit même plus : « L’Appétit vient en mangeant » (ce n’est pas l’appétit qui mange !). Mais il s’agit d’un proverbe, qui plus est, entré dans les moeurs langagières depuis fort longtemps. Je ne sache pas que ce soit le cas des phrases 1 et 3 ! 😉
Bonne après-midi.
Il y aurait anacoluthe ici :
Devenue brûlante, Tony a lâché son épée.
Cela se produit notamment quand la phrase (ou la sous-phrase) commence par un élément qui fait figure de sujet, mais en perd par la suite la qualité. »
Subitement, comme si elle était devenue brûlante, Tony a lâché son épée et a posé un genou à terre.
« elle » ne fait pas figure de sujet, « elle » est sujet de « devenir » et constitue une proposition avec l’adjectif et la locution conjonctive « comme si’.
« Tony…. à terre » est une autre proposition.
Subitement, comme si son épée était devenue brûlante, Tony l’a lâchée vous semblerait plus acceptable.
Or la différence entre les deux phrases n’est qu’une question de pronoms pas de structure.
Voici ce qu’on me répond sur un autre forum et que je trouve intéressant :
La formulation consistant à postposer, dans une même phrase, un nom au pronom qui le représente n’est pas si rare en français : L’ayant vu trop tard, j’ai buté sur un caillou.
Je crois que la phrase, paraîtra plus familière si l’on déplace « subitement » : Comme si elle était devenue brûlante, Tony a subitement lâché son épée... À moins que l’adverbe concerne le verbe devenir, mais cela me semble moins probable : Comme si elle était devenue subitement brûlante, Tony a lâché son épée.
