Plus-que-parfait, passé antérieur… ou autre chose ?

Bonjour,

Dans la phrase « Un froid humide s’était abattu sur Paris, une bise mordante qui ne s’était pas encore levée lorsqu’elle avait quitté Créteil vingt minutes plus tôt. », n’y a-t-il pas un problème de concordance des temps ? En effet, j’ai le sentiment que quelque chose ne va pas, sans réussir à mettre le doigt dessus (et c’est extrêmement frustrant, car à chaque fois que j’essaie de reformuler, je me heurte à la même sensation… et donc à une impasse).

Est-ce le verbe de la dernière subordonnée conjonctive qui devrait être mis au passé antérieur, comme ceci : « […), une bise mordante qui ne s’était pas encore levée lorsqu’elle eut quitté Créteil vingt minutes plus tôt. » Cela me semblerait toutefois peu probable car il me semble que le passé antérieur s’emploie dans une subordonnée liée à une principale au passé simple, non ?

Je précise que je suis sûre du temps du premier verbe (s’abattre) car il est précédé de la phrase « Il faisait encore jour et c’était la nuit.« , et que ce sont les deux suivants (se lever et quitter) qui me laissent pantoise quant à la façon dont je dois les conjuguer.

En vous remerciant par avance pour votre aide,

Nephy.

Nephy Débutant Demandé le 13 janvier 2022 dans Conjugaison

Savez-vous que votre formation en orthographe peut être financée à 100 % par votre CPF ?
Découvrez nos formations éligibles et ne vous posez plus jamais cette question ni tant d'autres !

2 réponse(s)
 

La phrase est correcte. Le plus que parfait est requis lors d’un retour en arrière mais cela vous le savez.

Il faisait encore jour et c’était la nuit. Un froid humide s’était abattu sur Paris, une bise mordante qui ne s’était pas encore levée lorsqu’elle avait quitté Créteil vingt minutes plus tôt.
La phrase en gras est un retour en arrière. Dans cette phrase , 3 faits : deux sont simultanés et doivent être au même temps : se lever et quitter.
Comme ils sont antérieurs au premier « s’abattre » : on utilise le plus que parfait.
Le premier fait « s’abattre » est antérieur aux deux faits de la phrase précédente « faisait » et c’était » et doit être au plus que parfait.

De plus toutes ces actions ont un aspect sécant c’est à dire qu’elles sont considérées dans leur développement et pas dans leur globalité.
aspect sécant : je dormais
aspect global : je dormis

L’analyse ci-dessous est très pertinente (peut-être un peu dense) :
Source : Quora – Vincent Yahia Passionné de langues et sciences du langage

————-

La différence entre le passé antérieur et le plus-que-parfait est de même nature que celle entre le passé simple et l’imparfait. Ces quatre temps sont en fait quatre formes du même passé qui diffèrent par les aspects qu’elles expriment.

 

 

 

Aspects inaccompli et accompli

 

Au moment de référence, le procès est soit inaccompli, soit accompli : dans le premier cas, le procès auquel renvoi le verbe est achevé, tandis que dans le second cas il ne l’est pas.

 

Au matin, sa voix était enrouée car il avait chanté des heures au karaoké.

 

Le moment de référence, c’est au matin (un matin du passé par rapport au moment où la phrase est écrite, dite ou lue, car les verbes sont tous au passé).

    • Le premier verbe est à l’aspect inaccompli : au moment de référence (ce matin là), le fait que la voix soit enrouée n’est pas accompli, c’est encore valable.

 

    • Au contraire, le second verbe est à l’aspect accompli : au moment de référence (ce matin là), le fait de chanter est accompli.

 

 

Les aspects inaccompli et accompli n’expriment pas une chronologie (mais l’impliquent).

 

Quand il eut fini sa tâche, il rentra chez lui.

 

Dans cette phrase, les procès avoir fini et rentrer sont concomitants. Le premier verbe délimite le cadre temporel du second : rentrer intervient dans la période ouverte par l’accomplissement de finir.

 

Aspects global et sécant

 

Ici, la différence concerne la manière dont on présente le procès : avec l’aspect global, on vient saisir le procès dans sa totalité, il a un début, un déroulement et une fin. Avec l’aspect sécant, on décrit un procès en déroulement, il était déjà d’actualité avant que l’on commence à en parler, en quelque sorte.

 

Il lut un livre tandis que tout le monde dormait.

    • Le premier verbe est à l’aspect global : la personne ouvre un livre, lit pendant un certain temps, puis cesse cette activité.

 

    • Le second verbe est à l’aspect sécant : on décrit quelque chose qui est déjà en cours et on ne s’intéresse pas non plus à sa fin.

 

 

On voit ici que le premier verbe avec son aspect global délimite une fenêtre temporelle [t1

, t2] où t1est le début de la lecture et t2 la fin de la lecture. L’aspect sécant du second verbe signifie que le procès dormir dépasse les bornes de [t1,t2] : il a commencé avant t1 et se finira éventuellement après t2

.

 

Les aspects global et sécant n’ont rien à voir avec la durée du procès (« action longue », « action brève ») :

 

La princesse dormit pendant cent ans.
La princesse dormait depuis cent ans.

Tara Grand maître Répondu le 13 janvier 2022

Bonsoir Tara,

Je vous remercie pour votre réponse on ne peut plus claire. Je crois que je cherchais un problème là où il n’y en avait pas…

Très bonne soirée à vous,

Nephy.

Nephy Débutant Répondu le 13 janvier 2022

Merci Nephy. Bonne soirée.

le 13 janvier 2022.
Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.