on dit je l’ai tenu informée ou je l’ai tenu informer ou je l’ai informée  ? merci  

bonjour , s’il quelqu’un peut me repondre , merci

rami Débutant Demandé le 14 août 2022 dans Général

Savez-vous que votre formation en orthographe peut être financée à 100 % par votre CPF ?
Découvrez nos formations éligibles et ne vous posez plus jamais cette question ni tant d'autres !

1 réponse(s)
 

Je l’ai tenu informé.
En effet, vous avez dû apprendre que quand deux verbes se suivent le second est à l’infinitif.
Alors, pourquoi un participe passé ici ?
Le verbe « tenir » (ai tenu) a ici un rôle attributif. En effet il relie le participe passé « informé » au complément d’objet direct (c.o.d.) |l’|
Certains verbes sont ainsi occasionnellement attributifs. Par exemple, entre autres : trouver, nommer, élire, voir, déclarer, appeler, croire…
D’ailleurs on voit que « informé » tient la place d’un adjectif :
Je l’ai tenu ignorant de la situation –
il se tient prêt (où l’adjectif est cette fois-ci attribut du sujet.

Ce qui montre une fois encore que le sens et la logique prévalent sur les automatismes.

Tara Grand maître Répondu le 14 août 2022

À force d’élargir les définitions, on en arrivera bientôt à dire que dans « je les ai mangées cuites », « cuites » est attribut du COD et que donc « manger » est « occasionnellement attributif » puisqu’il relie le participe passé « cuites » au complément d’objet direct « les ». Il en résultera que pratiquement tous les verbes seront occasionnellement attributifs et que cette notion n’aura plus aucun sens.

le 14 août 2022.

En effet, le caractère attributif peut être le fait de différents verbes. On les dit occasionnellement attributifs.

Extraits de Verbes essentiellement ou occasionnellement attributifs – Persée

La fonction attributive est généralement définie par opposition à la fonction épithète selon un critère distributionnel simple : l’adjectif (ou le groupe adjectival) est épithète s’il est placé directement à côté du nom auquel il se rapporte, attribut s’il est relié au groupe sujet ou complément d’objet direct (c.o.d.) par un verbe dit attributif qui se trouve lui-même défini par la possibilité d’occuper la position V dans les structures SN, – V – Adj (verbe à attribut du sujet) ou SN, – V -SN2 – Adj (verbe à attribut du c.o.d.).
[…] L’effacement de l’adjectif attribut du sujet est la propriété syntaxique fondamentale qui caractérise les verbes occasionnellement attributifs comme  (r)entrer, finir, se lever, (re) monter, naître, partir, sortir, (re) venir, vivre, etc. En effet, l’adjectif attribut qui suit ces verbes est toujours effaçable […] Quelle que soit la nature du verbe attributif, la représentation sémantique des phrases SN, – V – Adj contient la prédication attributive SN, – être – Adj […]

===> Je les ai mangées cuites : « cuites » est effectivement attribut du COD : je les ai mangées – elles étaient cuites.

le 16 août 2022.

@Tara merci pour la réponse mais :

Vous citez le chapitre sur l’attribut du sujet, alors que nous parlions de l’attribut du COD. Mais même dans ce chapitre, la généralisation du concept tue le concept. Riegel cite quelques verbes occasionnellement attributifs (ceux que vous avez recopiés), puis prend l’exemple « 41. Viendrez-vous seul ? ». Mais selon cette logique, comme je peux écrire « je marche seul », « je siffle seul »… on aurait plus vite fait qu’il nous liste les verbes non occasionnellement attributifs, s’il en trouve. Il a dans cet article clairement oublié de parler du sens du verbe.

Si à chaque fois que dans une phrase on caractérise le sujet par un adjectif (nous marchons joyeux vers la défaite), le verbe est dit occasionnellement attributif ;
et si à chaque fois que dans une phrase on caractérise le COD par un adjectif (je la regarde endormie), le verbe est dit occasionnellement attributif ;
Si on ne change même pas le nom de la construction selon que l’adjectif s’applique au sujet ou au COD ;
Si tout adjectif qui suit un verbe est obligatoirement un attribut ;
Si on considère systématiquement et sans explication que tout verbe intercalé entre le sujet (ou le COD) et l’adjectif est responsable du rapport entre ce sujet (ou ce COD) et l’adjectif ;
Alors d’accord, la conclusion est que tous les verbes sont au moins occasionnellement attributifs.
Mais si tous les verbes sont occasionnellement attributifs, alors, dans une explication, l’argument « certains verbes sont occasionnellement attributifs » n’a aucun sens.
Si on commence à nommer identiquement des choses très différentes, au point même que le mot finit par s’appliquer à tous les verbes, le concept est mort.

Selon le TLFi, la construction attributive de « tenir » est par exemple « je vous tiendrai responsable » signifiant « je vous croirai responsable », « je dirai que vous êtes responsable ». C’est ce que Riegel dans sa grammaire présente au paragraphe des attributs propositionnels ou complétifs (je le trouve grand = je trouve qu’il est grand).
* Je la tiens responsable : je dis qu’elle est responsable ? oui : construction attributive complétive du verbe tenir.
* Je la tiens informée : Je dis qu’elle est informée ? non : construction non attributive complétive du verbe tenir.
Voici la classification que le TLFi donne des emplois du verbe :
* I. B. 1. Faire en sorte que reste dans un état donné une personne ou une chose.
Exemples : tenir au courant, tenir enfermé, tenir éloigné, tenir en laisse, tenir informé
Le verbe ne peut pas être attributif puisqu’il n’introduit pas que des attributs.
* II. Établir une relation entre des personnes des choses, des qualités.
Exemple : je tiens ces plaintes fort suspectes
C’est là et là seulement qu’il y a un emploi attributif du verbe.

Je ne dis pas que la classification du TLFi est la bonne, mais que celle de Riegel dans votre article, qui met absolument tout au même niveau, qui écrase toute idée de sens, au point que n’importe quelle construction avec un verbe et un adjectif s’éclaire miraculeusement par la notion de verbe occasionnellement attributif, ne sert à rien, et qu’elle ne peut pas servir d’argument dans une réponse. En jetant un œil à sa grammaire, publiée bien après cet article, je crois voir qu’il a remplacé le concept « attribut du c.o.d. » par « élément prédicatif portant sur le c.o.d. », ce dont on ne peut que le féliciter, et cela abolit pratiquement son article de 1981 sur lequel vous avez appuyé votre réponse à @rami.

le 16 août 2022.
Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.