Faut-il répéter le nom déchirement ?

1) Déchirement d’un pays scindé en deux et déchirement du cœur pour deux frères de sang.
2) Déchirement d’un pays scindé en deux et du cœur pour deux frères de sang.

Les deux formes sont peut-être possibles ?

Juliano Grand maître Demandé le 1 mai 2018 dans Question de langue

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8 réponse(s)
 

Bonjour Juliano, là il s’agit vraiment une question de style plutôt que d’orthographe ou de grammaire, on ne peut y apporter que des avis personnels et forcément subjectifs. Le mien est que les deux compléments (un pays et le cœur) sont trop éloignés pour qu’on puisse faire l’ellipse du deuxième déchirement comme dans la deuxième phrase, qui sonnerait presque comme un zeugma et pour cette raison ne me plaît pas trop. Mais curieusement cet éloignement me gêne beaucoup moins si l’on remplace le et reliant les deux propositions par une virgule : Déchirement d’un pays scindé en deux, du cœur pour deux frères de sang. J’aurais même tendance à préférer cette formulation à la première (avec la répétition).

ChristianF Grand maître Répondu le 1 mai 2018

Bonjour, Christian.

Actuellement, j’ai la formulation 1) dans ma critique, je dois la refaire, car je veux apporter une virgule de plus à ma seconde phrase (non présente, ici). Je dois avouer que dans la 2), on pourrait penser seulement à « du cœur pour deux frères de sang » sans parler de déchirement. Je préfère aussi votre proposition avec la virgule, mais je me demande si ce n’est pas pareil. On pourrait avoir tendance à penser que le déchirement ne concerne que le pays et qu’on parle de deux frères de sang ayant du cœur. Qu’en pensez-vous ?

Juliano Grand maître Répondu le 1 mai 2018

En fait j’étais en train d’y réfléchir et je me disais un peu la même chose. La première phrase ne me plaisait pas à cause de la répétition, mais en y repensant il me semble qu’ici aussi, remplacer le et par une virgule la rend plus légère : Déchirement d’un pays scindé en deux, déchirement du cœur pour deux frères de sang… qu’en pensez-vous ?

le 1 mai 2018.

Je pense qu’il faut bien répéter le nom, sauf avis contraire d’autres membres. Quant à votre dernière proposition, elle me plaît beaucoup, car elle allège la phrase. A vrai dire, j’ai toujours cru que le « et » était de rigueur quand on associe deux propositions et que la virgule était impossible, à priori non. Je pense que je vais retenir votre dernière formulation.

Merci

Juliano Grand maître Répondu le 1 mai 2018

La formulation avec virgule sans répétition n’est pas choquante à mon sens.
Mais si répétition il doit y avoir, je suggère de remplacer le deuxième « déchirement » par « celui » : « Déchirement d’un pays scindé en deux et celui du cœur pour deux frères de sang.« 
Autre possibilité : ajouter une première virgule après « Déchirement », et la virgule proposée par ChristianF, soit : « Déchirement, d’un pays scindé en deux, du cœur pour deux frères de sang.« , voire, encore mieux, mettre un point après « déchirement ».  Ceci a l’avantage d’insister sur ce mot qui est ensuite décliné sans être répété dans la phrase suivante : « Déchirement. D’un pays scindé en deux, du cœur pour deux frères de sang.« 

Clic Grand maître Répondu le 1 mai 2018

Je viens d’écrire (chez ChristianF) : une anaphore est toujours bienvenue…
Mais votre solution finale ici est aussi intéressante ; au point près qui se met en balance avec un classique deux-points.

Durassien :  » Déchirement. D’un pays scindé en deux ; du cœur pour deux frères de sang. »
Classique (avec « s » ou sans « s ») :  » Déchirements :  d’un pays scindé en deux ; du cœur pour deux frères de sang.« 

le 1 mai 2018.

En effet, les deux-points sont une solution, à laquelle j’avais pensé, mais que je trouve moins élégante et surtout, comparée à la phrase à l’oral, moins efficace. C’est juste une affaire de goût.
Quant au point-virgule que vous avez introduit en lieu et place de la virgule, il fonctionne bien sûr, mais je suis toujours un peu fâchée avec car je trouve qu’il porte en lui-même une hésitation entre le point et la virgule et dénote une non-prise de décision ! Mais cela est très personnel.

le 2 mai 2018.

Bonjour, Clic, e_magnin.

Pour « celui », je pense que cela fonctionne, bien que ce sont les 2 frères qui vont aussi se déchirer le cœur et non le fait que le pays a été divisé.
Déchirement. D’un pays scindé en deux, du cœur pour deux frères de sang.
Je ne pensais même pas cela possible, on me fait déjà la remarque quand une partie de ma phrase se rapporte à un nom trop éloigné dans la même, là c’est carrément une autre phrase.

Pour l’utilisation des « : » et du « ; », je ne suis pas vraiment convaincu d’une utilisation très adéquate. Je vous laisse me dire dans quel cas, vous voyez leurs utilisations ?
http://www.aproposdecriture.com/le-point-virgule
http://www.la-ponctuation.com/deux-points.html

Juliano Grand maître Répondu le 2 mai 2018

En fait, ce type de ponctuation permet une orientation d’intonation pour la lecture  et met l’accent sur certaines choses voulues par l’auteur.
Il ne s’agit pas, à proprement parlé, de phrases puisqu’il n’y a pas de verbes. De ce fait, je pense qu’on ne peut pas parler de mots trop éloignés les uns des autres. « Déchirement » suivi d’un point interpelle le lecteur. Puis l’explication vient, brute, sans appel, aiguisée.
C’est tout l’intérêt d’utiliser la ponctuation au-delà des règles de base. Elle permet d’accentuer l’effet désiré.
Lisez ma proposition à haute voix « Déchirement. D’un pays scindé en deux, du cœur pour deux frères de sang« , je pense qu’alors, non seulement vous ne serez pas choqué, mais peut-être même convaincu.

le 2 mai 2018.

Bonjour, Kerglof.

Quand je vous lis, j’ai toujours envie de prendre un Doliprane après avoir terminé, mais j’apprends toujours des choses très subtiles 😉

Je ne vais répondre au points qui m’intéressent le plus, par faute de temps et de ne pas avoir tout capter, car ce n’est pas toujours simple à suivre.

1) Le sens du mot « déchirement » et la possibilité de le mutualiser
* Le premier déchirement.
Merci pour la remarque, effectivement je parle de la guerre de Corée qui va scinder un pays en deux. Le pays ne pouvant être déjà scindé en deux avant le déchirement.
*  Les autres points mélangés
L’idée était pour moi de parler de déchirement d’un pays en deux, après l’annonce de la guerre. Quand au déchirement des deux frères de sang, tout d’abord alliés dans le camp de la Corée du Sud, ils vont devoir combattre par la suite chacun dans un camp, à cause d’un évènement particulier.
2) La question du complément final
Je vais réfléchir à une formulation du style suivant :
Déchirement d’un pays en deux, déchirement des cœurs pour deux frères de sang.
Je peux aussi changer le nom, afin d’éviter une répétition, mais en conservant l’idée :
Scindement d’un pays en deux, déchirement des cœurs pour deux frères de sang.
Séparation d’un pays en deux, déchirement des cœurs pour deux frères de sang.

Juliano Grand maître Répondu le 2 mai 2018

Tout cela est-il vital ?
Votre première idée, de mettre en parallèle les deux déchirements, me semblait être bien plus forte que d’utiliser des mots différents pour éviter une répétition.
La répétition n’est pas toujours une erreur, au contraire car, comme l’a souligné e-magnin en parlant de l’anaphore, elle prend un sens particulier et accentue le propos.
Il me semble que souvent vous vous compliquez trop la vie sur vos formulations. Tant que vous respectez les règles élémentaires, laissez un peu plus libre cours à votre personnalité et à votre propre mode d’expression.
Sauf si le fait de tout triturer pendant des heures, voire des jours, fait partie de votre plaisir où, dans ce cas, cela devient strictement personnel.

le 2 mai 2018.

D’ailleurs, « déchirement du cœur pour deux frères de sang » ou « déchirement des cœurs pour deux frères de sang »
S’il y a bien 2 cœurs, car 2 frères, je pense qu’on parle d’un déchirement du cœur pour deux frères de sang (sous-entendu pour chacun des deux).

1- Déchirement d’un pays en deux, déchirement du cœur pour deux frères de sang.
2- Scindement d’un pays en deux, déchirement du cœur pour deux frères de sang.
3- Séparation d’un pays en deux, déchirement du cœur pour deux frères de sang.

Je peux aussi reformuler avec des verbes exprimant une action.
4- La guerre éclate, un pays se scinde en deux et les cœurs de deux frères se déchirent.

Finalement, j’aime bien la dernière formulation (4-) ou la (2-)

Juliano Grand maître Répondu le 2 mai 2018

Bonjour, Clic.

On appelle cela une phrase nominale. Effectivement, la lecture à voix haute fonctionne très bien, mais étant à cheval, je préfère ne pas passer outre les règles de grammaire.
Oui, il est vrai que la répétition accentue bien et que cela fonctionne. J’ai justement beaucoup écrit, sans trop me poser de questions, auparavant. A la relecture, maintenant que j’ai progressé en grammaire, je retrouve pas mal d’erreurs ; alors, oui je me triture pour reformuler et non ce n’est pas toujours plaisant, mais c’est un passage obligé pour respecter les règles de syntaxes. J’ai fait beaucoup d’efforts et de progrès, dernièrement. Cela me permet maintenant, d’hésiter beaucoup moins et d’exposer, ici, seulement les cas ambigus ou de recueillir des avis.

Juliano Grand maître Répondu le 3 mai 2018
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