Accorder les couleurs spéciales
Bonjour. J’écris quelques vers. Il s’agit d’une fille ; j’évoque la carnation de sa peau. Elle est d’une blancheur gris pastel. Ou la blancheur est-elle grise pastel ? Merci beaucoup !
« Gris » est un nom ici puisqu’il est complété par un autre nom « pastel » – les noms ne s’accordent pas avec d’autres noms (seuls les adjectifs s’accordent avec des noms).
On a donc : Elle est d’une blancheur gris pastel. L’article est sous-entendu : (d’un) gris pastel.
Remarque : une blancheur gris pastel n’a pas beaucoup de sens : Elle a le teint blanc ou alors le teint gris pastel (ce qui n’est pas très seyant, il faut en être conscient.
Le nom pastel est assez délicat à manipuler car il a plusieurs sens :
1 Comme premier sens (XIVe siècle, via l’occitan), c’est particulièrement la couleur bleue obtenue par trituration de la plante nommée guède.
2. Ensuite (XVIIe siècle, par l’italien) il a aussi désigné une technique picturale utilisant des bâtonnets de pigments divers, qui permet d’obtenir des finitions ou des traits adoucis ou estompés. Par extension, le mot a désigné les bâtonnets eux-mêmes et les œuvres ainsi réalisées.
C’est ce sens qui prédomine désormais par défaut et il ne s’agit donc plus d’une teinte ou d’une nuance de couleur mais d’un aspect comme brillant, mat, délicat, rugueux, clair, foncé, etc.
On pourra donc dire carnation gris pastel, carnation d’un gris pastel. Le gris n’étant pas une couleur vive, cette association est assez rare mais j’en ai trouvé pour décrire l’aspect du ciel ou d’un tissu. Cet extrait d’un poème (vers 6) de Charles Oulmont peut aussi vous inspirer.
NB Curieusement, le « gris pastel » fait partie du nuancier de Renault. C’était la couleur courante de la célèbre 4 CV des années 1950.

Merci beaucoup à vous deux. Conséquemment, j’utiliserai ma, si j’ose dire, blancheur gris pastel. Le sens, symbolique, est justifié quelques vers plus loin.
