RE: « Il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte. »

Répondu

Bonjour à tous,

J’aime beaucoup cette formule « dont on use plaisamment pour prendre congé » (Académie; cf https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9Q0304):

« Il n’est [ou il n’y a] si bonne compagnie qui ne se quitte. »

Pourtant, si l’on prend la peine d’analyser cette phrase, elle signifie à peu près ceci (si je ne fais erreur): il n’existe pas de compagnie qui soit bonne au point qu’on ne veuille (ou puisse) la quitter. Ainsi, derrière l’élégance de la formule, pointe tout de même une remarque quelque peu désobligeante quant à la qualité de la compagnie que l’on quitte. Faut-il alors en conclure que cette expression ne devrait s’utiliser qu’à titre ironique (lorsqu’on veut faire comprendre, tout en restant élégant, qu’en réalité quitter la compagnie en question nous met en joie)  ?

Merci d’avance 🙂

GeorgeAbitbol Grand maître Demandé le 18 août 2021 dans Question de langue
5 Réponses

Bonjour,

L’Académie dit « plaisamment » :

« Expr. proverbiale. Il n’y a si bonne compagnie qui ne se quitte, formule dont on use parfois, plaisamment, pour prendre congé. »

Or, « plaisamment » ne signifie  pas « quelque peu désobligeante », « ironique ».

Académie :
Plaisamment :

« De manière agréable. Une table plaisamment décorée. Il raconte plaisamment ses souvenirs. »
Spécialement. Avec drôlerie, humour ; dans l’intention d’amuser, de divertir. Il a plaisamment répondu à la question. »

 

Ironie (ironique n e sert àrien):

« 1. Procédé consistant à dire le contraire de ce qu’on pense ou veut faire entendre, mais de manière à laisser percevoir son opinion véritable. L’antiphrase est une forme de l’ironie. Manier finement l’ironie. L’ironie abonde dans « Les Provinciales », dans les « Lettres persanes ». Il dit cela par ironie, sans ironie.


PHILOSOPHIE.
 Ironie socratique ou, simplement, ironie, art de questionner en feignant la naïveté, l’ignorance, dont usait Socrate, dans sa maïeutique, pour amener peu à peu ses interlocuteurs à se contredire et à découvrir leur erreur. »

Expr. fam. Il lui faudrait des points d’ironie, se dit d’une personne qui ne perçoit pas facilement l’ironie d’un propos (par allusion à la proposition, faite à la fin du xixe siècle, d’un signe de ponctuation qui signalerait au lecteur les phrases où l’on use de ce procédé).


2. .
 Moquerie dans les propos, dans le ton, ou dans l’attitude ; disposition de l’esprit à la raillerie, à la causticité. Il intimide par son ironie continuelle. Regarder quelqu’un avec ironie, d’un air plein d’ironie. Mettre dans ses paroles une nuance, une pointe d’ironie.


Fig. Goûter l’ironie de la situation. Ironie du sort, intention railleuse qui semble présider à certains évènements, à certaines rencontres de faits, qui s’opposent de façon étrange ou cruelle à ce qu’on pouvait attendre ou espérer. L’ironie du sort a voulu qu’il fût victime de sa propre machination. Par métonymie. Fait, situation qui semble résulter d’un hasard malicieux. C’est une ironie du sort. »

 

 

Prince Grand maître Répondu le 18 août 2021

Cher Prince,

Je vous remercie vivement pour cette réponse, mais il se trouve que je sais lire et qu’il n’est guère utile de recopier, dans votre réponse, une définition que j’indique moi-même dans ma question. De même, je connais la signification des termes « plaisamment » et « ironie » (tout comme « ironique », dont je ne comprends pas pourquoi vous dites qu’il « ne sert à rien ») et le sens de ma question quant à l’expression « il n’est si bonne compagnie… » était précisément lié au fait que, bien que l’académie la désignât comme une formule dont on use « plaisamment », j’y trouvais pour ma part (en me trompant, semble-t-il) une touche d’ironie. Votre réponse, bien qu’abondamment fournie, ne m’aide donc malheureusement pas, contrairement à celles de Politburo et de Tara ci-dessous.

le 18 août 2021.
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