RE: COI et question « d’où? »

Bonjour,

« Ce thé délicieux venait du Népal » : dans mon cahier d’exercices « du Népal  » est considéré comme complément d’objet indirect. Je ne comprends pas cette réponse…
Pouvez-vous m’éclairer ? Pou moi c’est un complément circonstanciel de lieu…

Merci beaucoup !

AnnBj Membre actif Demandé le 24 avril 2020 dans Général
6 Réponses

Qu’on appelle ce type de compléments des CI (compléments indirects) d’accord. Qu’on les appelle COI (compléments d’objet indirect) pas d’accord.

L’objet est ce sur quoi porte une action, il peut être complément :
Le vent secoue les branches.
mais il peut être sujet :
Les branches sont secouées par le vent.
L’agent, quant à lui est celui qui produit l’action et il peut aussi être sujet ou complément.
Sujet :
Le vent secoue les branches.
Mais il peut être complément :
Les branches sont secouées par le vent.

Dans la phrase ce thé délicieux venait du Népal « Népal » peut donc être dit complément indirect de  lieu, si on veut mais pas objet, ou alors on sème la confusion et on ne peut plus comprendre, notamment, la transformation passive (classique).

Tara Grand maître Répondu le 24 avril 2020

Eh oui, je suis bien d’accord, je trouve aussi cette dénomination COI pas terrible, c’est une façon à mon avis « bâtarde » de rester « fidèle » aux étiquettes de l’ancienne nomenclature, alors que les règles taxinomiques ont changé.

Personnellement, je préfère l’appellation la plus générique complément de verbe.

On peut donc avoir un avis sur la question, on peut le donner, mais en l’espèce le terme étant employé dans le cahier d’exercice d’AnnBj, il faut bien faire avec ! 😀

Cela étant, la notion d’objet est de toute façon sujette à critique même si l’on s’en tient à la taxinomie traditionnelle.

Sinon, par rapport à vos arguments, vous évoquez le COD, or ici il est question de COI (pas d’agent, pas de passivation).

le 24 avril 2020.

J’évoque le COD pour souligner le sens d’objet.

le 25 avril 2020.

Oui, mais l’objet de l’objet direct et l’objet de l’objet indirect ne sont déjà plus tout à fait comparables. Par ailleurs, concernant le COD, il se trouve justement que  la notion d’objet (qui « porte » l’action, par où « passe » l’action, qui « subit » l’action) est extrêmement critiquable (également celle d’agent) :

l’article précède le substantif.
Peut-on dire que l’article est un agent ? Non.
Peut-on dire que le substantif est un objet qui subit / par lequel passe l’action précéder ? Non, c’est juste ce qui permet de repérer dans le temps / l’espace ce qui précède.

Les maçons construisent la maison.
La maison objet qui subit l’action construire ? La maison n’existe pas encore comment peut-elle subir une action ?

L’aéronef survole la ville.
La ville subit-elle l’action ? Non, elle est le lieu au-dessus duquel se déroule l’action (Par ailleurs, l’aéronef est-il l’agent du survol ? Non.)

Etc.

Quant à la passivation, il est des cas où elle est franchement à la limite de l’acceptabilité. Prenons par exemple cette phrase de Zola :

Charvet, qui rencontrait des vêtements de Florent à toutes les patères…
?? Des vêtements de Florent étaient rencontrés par Charvet à toutes les patères.

D’autres exemples :

?? Le thé est détesté par ma mère. (Par ailleurs, dans ce cas, mère est-elle agent de la détestation ? Non.)

?? La pente est dévalée par l’avalanche. (avalanche= agent ?)

?? La berge a été accostée par l’embarcation. (embarcation = agent ?)

Etc.

le 25 avril 2020.

Bien sûr.
Ces notions sont un peu des béquilles, vous avez raison. Parfois assez pratiques si on ne veut/peut pas pousser l’analyse.
Mais alors, autant ne pas employer ces mots.
Ce va et vient entre les points de vue pour analyser la langue est vraiment regrettable.

le 26 avril 2020.
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