Il y a / Y a / Y’a

Bonjour, dans le langage familier, on élide souvent le « il » dans « il y a ».

Mais comment doit-on l’écrire ?

– Y’a pas de plaisir !

ou

– Y a pas de plaisir !

Avec ou sans l’apostrophe, les avis semble partager.

LeDonk

LeDonk Érudit Demandé le 20 avril 2017 dans Question de langue

Bonjour,
Veso vous signale habilement : « les avis semblent partagés« 

le 20 avril 2017.
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4 réponse(s)
 

Y a pas d’apostrophe entre l’y et l’a, il n’y a (vous le constatez, l’apostrophe est avant l’y) donc pas lieu d’en ajouter une.
Après, les avis ont bien le droit de partager, peu m’en chaut.

veso Maître Répondu le 20 avril 2017
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L’apostrophe signale l’élision, la suppression d’un certain nombre de lettres  remplacées en bloc par le signe  » « .
Dans cette formule, il n’y aucune lettre supprimée et donc aucun besoin de brouiller la lecture avec cela. Il est vrai que la graphie est courante, sans doute par remords d’utiliser cette forme, mais c’est juste le « Il » initial qui a été supprimé et pour cela il n’y a pas de signe spécifique…

Chambaron Grand maître Répondu le 20 avril 2017
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Merci, le « Y a » semble effectivement plus correct.

Cependant, la présence de l’apostrophe ne pourrait-elle pas être l’indication d’une prononciation plus « soudée » ?

– Y’a pas de problème !

???

LeDonk Érudit Répondu le 20 avril 2017

Avez-vous des exemples d’autres « soudures » de ce genre ?
À la limite, je comprendrais mieux « Ya » ou surtout « Y-a ».

le 20 avril 2017.

Bonjour Chambaron, non, je n’ai pas vraiment d’autre exemple, mais je me pose la question de savoir jusqu’à quel point cette apostrophe est fautif ou nom.

Exemple :

La chanson de Charles Trenet « Y a d’la joie », Le Larousse, dans ses articles, l’écrit tantôt « Y’a » tantôt « Y a »…

Sur les pochettes de disque, pareil, tantôt « Y’a » tantôt « Y a ».

Du coup, ça tangue, ça tangue…

Merci

le 21 avril 2017.

En effet, sur les pochettes des disques, on trouve souvent Y’a d’la joie. Choix esthétique de l’éditeur ? Licence poétique de l’auteur ? En tout cas, cette apostrophe fautive se glisse partout et Trenet a fait école : Claude François (y’a l’printemps qui chante), Souchon (y’a d’la rumba dans l’air)...

le 21 avril 2017.

Ça tangue, comme dans « La Mer »…
Pour les titres de chansons, je pense que cela donne un air populaire car l’élision est souvent un procédé familier d’abréviation (Boul’ Mich’ , Vel’ d’Hiv’, etc.).

le 21 avril 2017.
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Il faut écrire « Y a » et NON « Y’a ». Il n’y a aucune voyelle (ou terminaison) élidée entre le y et le a.

Selon l’Académie française :

« En français l’apostrophe note l’élision d’une voyelle placée en fin de mot devant un autre mot commençant également par une voyelle ou par un muet. Cette élision permet d’éviter un hiatus. On dit, et on écrit ainsi : J’aime, l’arbre, l’avoine, il t’attend, la femme d’Hector et non * je aime, le arbre, la avoine, il te attend, la femme de Hector. Ce sont les seuls cas où l’on utilise ce signe. On n’écrit donc pas y’a-t’il ?, parce que ni le ni le ne sont des formes résultant d’une élision : le n’est pas la forme élidée du pronom te, mais une lettre euphonique que l’on emploie pour éviter un hiatus disgracieux. On se gardera bien, en revanche, d’omettre les traits d’union qui signalent que les différents éléments de ce groupe forment une unité sonore et l’on écrira y a-t-il ? »

Malheureusement, l’Académie française ne donne pas d’exemple avec la forme affirmative.
Mais retenons la remarque que j’ai soulignée :
 « ni le ni le ne sont des formes résultant d’une élision » 

En revanche, on trouve le cas  qui nous intéresse dans Le bon usage de Grevisse. Je me réfère à la 16e édition :

§ 219 L’haplologie :
« L’haplologie est un phénomène qui ressortit à la phonétique (et qui n’est pas sans ressemblance avec l’élision) : elle consiste à n’exprimer qu’une fois des sons ou des groupes de sons identiques (ou partiellement identiques) qui se suivent immédiatement. »
Il donne une série d’exemples, dont :
° Y a pour Il y a. »

Il nous renvoie au § 235c :
« Dans la langue parlée, et surtout dans la langue populaire, le pronom impersonnel est souvent omis, particulièrement avec
y avoir (haplologie : cf. §219 – plutôt qu’ellipse), falloir (surtout avec négation), et paraître, mais aussi avec d’autres verbes. Les écrivains attentifs à la langue parlée n’ont pas manqué de l’observer : »

Il donne une série d’exemples, dont :
« Y a
bien des gens qui sont débarqués de cette façon-là (Céline, Voyage au bout de la nuit, F°, p.238), Y a d’la joie (chanson de Charles Trenet)

« En dehors de tout contexte populaire : Il n’y avait pas une ambulance,  —  Y en avait quatre (Malraux, Noyers de l’Altenburg, p. 141).  »

Voici quelques liens vers de articles de l’Académie française :
http://www.academie-francaise.fr/y-til
http://academie-francaise.fr/y-y-pas
http://academie-francaise.fr/lapostrophe

P.S. Merci, Chambaron, de m’avoir signalé cette erreur. J’ai copié ces passages à la main et je venais justement pour corriger.

Padam Débutant Répondu le 11 juillet 2017

Bonjour,
Votre copier-coller de Grevisse semble comporter une erreur curieuse : c’est d’haplologie et non d’hapologie qu’il s’agit.

P.S. Bravo d’avoir corrigé ! Cela est rare…

le 11 juillet 2017.
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