Déclinaison des mots étrangers (notamment latins et grecs)

Répondu

Bonjour, je voudrais vous demander s’il faut décliner les mots d’origine étrangère passés en français, et s’il faut le faire à tous les cas. Par exemple, en biologie, on dit souvent « un epithelium – des epithelia », mais puisqu’on décline pour ce qui est du pluriel, doit-on alors le faire à tous les cas ? Je suis partisane de la déclinaison systématique, mais cela semble dérisoire aujourd’hui ; de plus, un professeur que j’ai connu affirmait qu’à partir du moment où un mot passait dans la langue française, il devait être prononcé et utilisé comme un mot français (nous avions eu cette discussion car il prononçait le mot « incipit » non pas « inekipite » comme nous en avions l’habitude, mais bien « insipite », comme on le lirait en français).
En vous remerciant chaleureusement pour tout ce que vous faites.

Cleo394 Débutant Demandé le 20 janvier 2015 dans Accords

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J’ai posé (4 janvier 2015) sur ce site une question sur la francisation des mots étrangers, afin de savoir s’il existait une base de référence répertoriant les mots francisés. Apparemment, il n’y en a pas, et il faut donc naviguer à vue, au gré des dictionnaires ou de préconisations divergentes.

Dans tous les cas, priorité doit être donnée à la cohérence du choix que l’on fait :

Si l’on choisit de conserver le mot d’origine, on doit :
1- accorder en genre et nombre selon la règle de la langue du mot d’origine. Ce n’est pas toujours évident pour les langues peu courantes…
2- en général ne pas accentuer, ou accentuer selon la langue d’origine.
3- prononcer en conséquence (cf. votre incipit)
4- et surtout écrire en italique  (dans un texte en romain) afin de signaler son choix de « langue étrangère ».

A contrario, si l’on choisit la francisation, ce sera évidemment l’inverse. À noter que, concernant le pluriel, on n’ajoute jamais le « s » du pluriel à un mot se terminant au singulier par s, x ou z. Sur l’ensemble d’un texte, on sera inspiré de maintenir son choix pour un même mot du début à la fin, et encore mieux sur l’ensemble des termes prêtant à débat.

Il convient aussi de se faire une philosophie sur les mots employés au singulier en français, mais déjà au pluriel dans la langue d’origine : taliban, manga, inuit, confetti, média. Comme le préconisent les modifications de 1990, on peut outrepasser l’accord étymologique et accorder à la française.  Donc : un taliban et des taliban  ou des talibans.

Dernier point, plus personnel : je francise le plus possible les mots isolés, mais maintiens en général les locutions (deux mots ou plus ) dans leur jus d’origine. Cela a le mérite de la simplicité et de la logique, car une expression se francise sensiblement plus mal qu’un mot isolé. Donc attention aux innombrables in fine, ex nihilo, nec plus ultra, sine qua non, post mortem  ou de facto. Aux quatre conventions rappelées précédemment s’ajoute l’absence de trait d’union. Exceptions notables totalement entérinées par l’usage : post-scriptum(s) ou ex-libris.

Chambaron Grand maître Répondu le 20 janvier 2015

Excellente question : pour ma part, j’agis au cas par cas.
Pour « a priori » et « a posteriori », je ne mets pas d’accents sur les a et e…Larousse n’en met pas non plus.
Pour le pluriel, c’est plus difficile si le mot est usité comme un mot français…
desiderata est un mot latin, nom masculin pluriel. Le Conseil supérieur de la langue française recommande la forme francisée « désidératas » avec des accents et le s du pluriel. Source : Bescherelle
Il y a aussi agenda, bravo, recto/verso…qui sont devenus des mots français, il serait curieux de ne pas mettre le pluriel.
Je suis plutôt d’accord avec le professeur même si je pense qu’il faut surveiller avant de suivre les évolutions de la langue.

joelle Grand maître Répondu le 20 janvier 2015

Merci Joelle pour votre réponse ! Je m’efforcerai de suivre vos conseils et ceux du Bescherelle.

Cleo394 Débutant Répondu le 20 janvier 2015

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